Écoutez les langues régionales sur la carte de France

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La France foisonne de particularismes et expressions idiomatiques. Des parlers régionaux qu’ont brillamment recensés trois chercheurs d’un laboratoire du CNRS. Ils ont élaboré un Atlas interactif permettant de les écouter. Une carte aussi savoureuse que poétique.

Ils font le parfum et le charme de nos régions. Des Hauts-de-France à l’Aquitaine en passant par la Côte d’or ou les Pays de la Loire, les parlers de nos ancêtres constellent notre territoire. Un patrimoine linguistique qu’ont choisi de sublimer trois chercheurs du Laboratoire de recherche en Informatique pluridisciplinaire (LIMSI) en un Atlas sonore. Une carte arc-en-ciel des langues françaises qui a le don de réveiller les voix et les histoires de la grande France.

«De Wind ún d’Sónne hàn nit gewisst», «La bisa e lo sorelh se disputavan», «La zísola e lo soleu si disputavan…» Difficile de tout comprendre n’est-ce pas? Et pourtant, sachez que ces trois bouts de phrases -respectivement alsacien, gascon et provençal- sont français. Ou du moins issus de la culture linguistique française. Car oui, malgré le centralisme parisien, les jargons régionaux continuent d’irriguer notre beau pays. Il suffit de tendre l’oreille pour entendre quelques-uns de ces idiotismes. «Péguer», «faire zizire», «pitchoun», «bader»…

Une situation «critique»

Afin de rappeler leur vivacité, trois chercheurs sont donc partis en quête des accents de nos régions dans 126 municipalités. Pour mener à bien leur projet, ils ont alors demandé à leurs différents interlocuteurs, masculins et féminins, de réciter un passage de La Bise et le soleil. Une traduction d’une fable d’Esope qui permet en peu de mots, d’apprécier les diverses intonations de nos communes. Car trois-quatre clics sont en effet déjà bien suffisants pour comprendre les différents visages que revêt notre hexagone… Essayez plutôt de lire cette traduction en picard: «Ch’vint d’amont pi ch’solet is calaudotte» ou bien encore celle-ci en catalan: «La bispa i el sol se barallaven, cadascú assegurant que era més fort…»

Financé par la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France (DGFLF) ainsi que par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR), le projet permet de conjuguer «scientifique» et «patrimonial». Deux dimensions importantes, précise le communiqué du Limsi, compte tenu de la disparition progressive de certaines langues régionales devenues minoritaires en France.

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