Catalogne: Madrid restera-t-il immuable, même en cas de victoire des indépendantistes?

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Après la crise, l’annonce d’indépendance, puis la reprise en main par Madrid, la fuite de Carles Puigdemont en Belgique et les nombreuses manifestations dont celle qui a réuni plus de 40 000 personnes à Bruxelles, les Catalans votent aujourd’hui. Dans Le Plus de Matin Première, Xavier Arbos, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Barcelone, est revenu sur cette élection particulière, estimant qu’il existe une réelle polarisation de la société catalane.

« Il y a des candidatures qui proposent l’indépendance, bien sûr, mais il y en a d’autres qui sont entre le statu quo et la reconnaissance de l’existence du problème catalan. Je pense que la société catalane est vraiment polarisée, mais il y a un troisième choix qui est partagé entre 2 ou 3 candidatures. »

Pour lui, cette campagne a une dimension émotionnelle inévitable, avec des candidats en prison, et d’autres à Bruxelles. « Il y a aussi eu des mots durs, des références presque à des pathologies des choix qui représentaient les candidatures. »

Xavier Arbos semble d’ailleurs assez pessimiste, en imaginant une large victoire des indépendantistes. « Je pense que Madrid ne va pas bouger, c’est-à-dire que les principaux partis, que ce soit le Parti populaire ou le Parti socialiste, ne sont pas prêts à accepter l’initiative d’un référendum d’autodétermination. Sur ce point, ils sont immuables. Mais d’un autre côté, au-delà du ton, les paroles des 2 principales candidatures indépendantistes ont nuancé. La question est de savoir si ces 2 candidatures peuvent avoir la majorité absolue de la Chambre, parce que la pression de la CUP (candidature d’unité populaire), qui est dans une position très radicale, pourrait pousser les autres à prendre des mesures qui tomberaient encore une fois sous la force de la Cour constitutionnelle. Les positions de Madrid seraient alors encore plus dures. »

Un vote qui ne servirait donc à rien pour le professeur de droit de Barcelone. « Même si les indépendantistes réussissent à avoir une majorité à la Chambre, ce qui est possible, et une majorité de voix, ce qui n’est pas probable, même dans ce cas, je ne prévois pas que le gouvernement de Madrid bouge. C’est la position du Parti populaire, qui a en plus un concurrent qui est encore plus dur dans la position centralisatrice, qui est le parti de Ciudadanos, qui pousse le Parti populaire à maintenir une position immuable. »

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