Présidentielle : quand Juppé refait le match

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« Fillon est cuit, il faut l’évacuer », aurait glissé Nicolas Sarkozy au maire de Bordeaux, à la veille du fameux Trocadéro.

« En mars dernier, on ne m’a jamais tendu la perche. Jamais. » Ce vendredi 15 décembre à Bordeaux, la voix d’Alain Juppé est ferme. Il s’exprime publiquement dans les locaux de la célèbre librairie Mollat qui a organisé une conférence à l’occasion de la sortie de « Déflagration » (Robert Laffont), le livre de Patrick Stefanini, ex-directeur de la campagne présidentielle de François Fillon, qui en avait démissionné le 3 mars dernier. Juppé est présent dans la salle pour rendre hommage à Stefanini qui est aussi – d’abord – l’un de ses plus anciens collaborateurs : il fut le directeur adjoint de son cabinet à Matignon lorsqu’il était Premier ministre de Chirac.

Ce 15 décembre, le maire de Bordeaux revient notamment sur un épisode – crucial pour la droite – de la dernière campagne présidentielle, et révèle la teneur des conversations téléphoniques qu’il a eues avec Nicolas Sarkozy et François Fillon, le samedi 4 mars, à la veille du rassemblement du Trocadéro. Fillon?

«  »Il se disait simplement prêt à une rencontre, raconte Juppé. Rien de plus. Je lui avais toujours dit : la décision de continuer ou de jeter l’éponge, c’est d’abord la tienne. A aucun moment dans notre échange, il n’a fait un pas dans ma direction. Il ne m’a jamais tendu la perche. Ni lui ni Sarkozy. » »

Un peu plus tard, loin des micros, Alain Juppé raconte à « l’Obs » son coup de fil, ce fameux samedi 4 mars, avec Nicolas Sarkozy. « Fillon est cuit, lui dit l’ancien président. Maintenant il faut l’évacuer. » Confidence amusée de Juppé : « Quand j’ai dit à Sarkozy : ‘L’évacuer ? Peut-être, mais au profit de qui ?’, là, sa réponse était tout sauf limpide… »

Donc, il était assez clair que ce n’était pas clair.

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