Edouard Philippe n’a pas dévoilé ses cartes face aux élus

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Le Premier ministre Edouard Philippe est resté très prudent lundi soir face aux élus corses. Edouard Philippe a confirmé lundi soir que la Corse serait mentionnée dans « un article spécifique » de la Constitution, selon l’exécutif corse reçu à Matignon, mais sans finalement en dire davantage sur les intentions de l’exécutif sur ce volet sensible.

« La position de la Corse est claire, celle du gouvernement reste pour l’instant largement inconnue », a déclaré le président de l’exécutif corse, Gilles Simeoni, reçu pendant deux heures par le Premier ministre avec le président de l’Assemblée de Corse Jean-Guy Talamoni. « Le gouvernement pour l’instant s’est contenté de prendre acte de nos propositions et n’a pas fait connaître la sienne », a-t-il poursuivi, parlant de « statu quo » sur le dossier.

Seule confirmation obtenue auprès du Premier ministre: la mention de la Corse dans la Constitution, engagement d’Emmanuel Macron lors de sa visite dans l’île début février « se fera à travers un article spécifique consacré à la Corse », selon Gilles Simeoni. Selon Jean-Guy Talamoni, « cet article spécifique ne sera pas l’article 72 (sur les collectivités locales métropolitaines, ndr) avec un alinéa concernant la Corse mais un véritable article distinct ».

Ce qui, selon une source gouvernementale, n’exclut pas la piste d’un article 72-5, qui serait lui un article spécifique de la Constitution. Contrairement à un alinéa, comme le fameux alinéa 3 de l’article 49 (devenu abusivement le « 49-3 »), qui lui n’en est pas un. Selon les termes de Matignon, Edouard Philippe devait assurer lors de cette réunion « la présentation des orientations du gouvernement sur le volet corse ». Mais le Premier ministre n’a finalement pas abattu son jeu.

Les réticences de Gérard Larcher

Interrogé sur les raisons de cette prudence, Gilles Simeoni a rapporté que le Premier ministre avait souligné que « la révision constitutionnelle était un processus d’ensemble, complexe, que la question corse divisait souvent, qu’ils avaient une majorité à trouver à travers le vote du Congrès », a rapporté Gilles Simeoni.

La droite sénatoriale, dont l’appui sur le volet constitutionnel est décisif pour éviter un référendum, a exprimé ses réticences par la voix du président du Sénat Gérard Larcher, qui veut que la mention à la Corse soit faite dans le cadre de l’article 72. « Nous ne sous-estimons pas la difficulté de l’exercice pour le gouvernement mais nous disons que s’il y a une volonté politique clairement affirmée cela va créer une dynamique politique qui va convaincre un grand nombre de députés et de sénateurs », a plaidé Gilles Simeoni.

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