Et si les déchets ne polluaient plus la planète ?

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Tout est parti d’une rencontre, un été, au sein de Climate KIC, la plus grande école d’Europe spécialisée dans l’innovation climatique et l’entrepreneuriat. Emmanuel Thiéry, étudiant français en entrepreneuriat et diplômé de l’université Pierre et Marie Curie, et Mariana Bittencourt, architecte brésilienne et doctorante en sciences économiques et éco-innovations, ont croisé le chemin d’un groupe d’étudiants qui partageaient l’ambition de transformer les déchets agricoles en quelque chose d’utile. Ensemble, ils ont commencé par observer quelles étaient leurs propres habitudes de consommation.
Une cerise au cœur du café

Comme ils étaient étudiants, le café coulait souvent à flot. Et Mariana, particulièrement sensible au respect de l’environnement, connaissait justement les effets polluants des déchets de café. Saviez-vous que le fruit du caféier, semblable à une cerise, n’est pas entièrement utilisé pour sa fabrication ? En effet, seul le noyau est conservé et le reste (la pulpe) est soit enterré, soit jeté dans les cours d’eau. Le groupe a donc décidé de travailler sur les différentes façons de valoriser ces déchets.

Leur équipe, qu’ils ont d’abord appelée Cophenol (un mélange de l’anglais « coffee » et « phenol », plus connu sous le nom d’acide carbolique), a d’abord approché le marché brésilien, où ils ont mené avec grand succès une campagne de crowdfunding, Indiegogo. Ils ont ainsi pu financer leurs recherches et valoriser ces déchets de fruits.
Un procédé par pyrolyse

Le procédé qu’ils ont développé permet de transformer par la pyrolyse les déchets de café en biochar (ou charbon organique), un composé pouvant notamment être utilisé pour la restructuration ou la désacidification des sols. Combiné à d’autres matériaux organiques, il peut également servir d’engrais, de combustible et être utilisé dans la dépollution de l’eau. Ce produit transformé sera d’ailleurs particulièrement utile aux producteurs de café dont les dépenses en engrais sont souvent bien trop élevées.

La startup a ensuite déposé sa candidature pour le programme French Tech Ticket 2016 et a été choisie parmi plus de 700 candidates pour présenter son idée au président de la République François Hollande !

À Paris, l’ingénieur chimiste Moussa Dicko a rejoint l’aventure et a généralisé leur procédé à n’importe quel produit biomasse, à partir de déchets agricoles et forestiers. La startup a, dès lors, souhaité changer de nom pour s’appeler Biophenol.

Actuellement, l’équipe travaille sur les débris d’écorces de chêne pour lesquels il existe une grande variété d’utilisations potentielles, allant du nettoyage de l’eau industrielle en éliminant les métaux à la réduction des besoins en engrais. Preuve est désormais faite que les déchets ne sont pas tous polluants !

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