Plastique : c’est notre mode de production qui est en cause !

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Pas de doutes, l’émission « Cash Investigation : Plastique : la grande intox » diffusée hier soir sur France 2 (à revoir ici) apportera sa part dans la prise de conscience environnementale qui secoue le pays actuellement. Après la démission de Nicolas Hulot, après les marches pour le climat et avant la journée mondiale de ramassage des déchets sauvages prévue ce samedi, cette enquête sur les effets dévastateurs du plastique, autant sur la santé que l’environnement, vient une nouvelle fois tirer le signal d’alarme sur notre mode de production.

Car le plastique nous en produisons en masse : 360 millions de tonnes chaque année ! Partout autour de nous le plastique est présent. Une matière qui présente des intérêts pratiques pour le producteur mais aussi et surtout économique. Pas étonnant, donc, que les grands groupes les premiers se soient entichés du plastique au point d’en envoyer aux quatre coins du globe avec leur marchandise. D’ailleurs, leurs lobbies sont bel et bien présents à Bruxelles pour veiller à ne pas perturber un business qui marche en gardant un oeil sur les décisions qui pourraient leur être défavorables, ecrit Lafranceinsoumise.fr.

Problème ? Cela pollue énormément ! Quoi qu’en disent les entreprises sur son aspect recyclable, réutilisable et donc sous-entendu écologique les chiffres démontrent toute autre chose : seulement 9 % de la production mondiale de plastique est recyclée. Une grande partie du reste rejoint les amas de plastiques qui parsèment villes, espaces naturels mais surtout nos océans et mers. On estime que chaque minute 80 à 120 tonnes de déchets finissent en mer. Autre caractéristique du plastique, celui-ci se montre très résistant et ne disparaît par conséquent jamais vraiment totalement, contaminant notre écosystème et posant de réelles questions sur son impact sur notre santé et celles des différentes espèces.

Plus de fausses solutions

Pour remédier à cette pollution, augmenter la part de plastique recyclé est souvent annoncé comme le remède miracle. Or les promesses de certaines entreprises et du gouvernement d’atteindre les 100% d’ici 2025 tiennent de l’impossible et sont plutôt destinées à rassurer industriels et consommateurs à coup de communication.

Autre fausse-piste pour répondre au problème : faire porter toute la responsabilité de la pollution plastique sur le consommateur/pollueur. Un transfert de responsabilité qui arrange bien les grands groupes qui n’hésitent donc pas à financer des associations qui luttent contre la prolifération des déchets sauvages. Un mécanisme qui leur permet de donner une bonne image de la marque, d’éviter les vraies questions notamment sur les alternatives au plastique et sur leur rôle dans cette pollution à grande échelle. Cela a été particulièrement mis en lumière dans le reportage diffusé sur France 2.

Si la responsabilité de chacun·e dans la préservation de l’environnement est bien entendu totale, laisser faire cette production sans limite et exponentielle de plastique est impossible et suicidaire.

Agir à tous les niveaux

C’est pourquoi les opérations de nettoyage comme samedi prochain lors de la journée mondiale de nettoyage des déchets sont à encourager afin de sensibiliser les citoyen·ne·s sur la préservation de notre écosystème mais aussi et surtout comme démonstration symbolique et moment d’échange sur la remise en cause notre mode de production : il faut agir à la source, dès que possible en diminuant notre production de déchets.

Dans cette optique l’eurodéputé insoumis Younous Omarjee souhaite amender la directive européenne « plastique ». Le but de ces propositions ? Travailler à une législation ambitieuse mais nécessaire face aux dangers du tout-plastique. Suppression du plastique dans la production à tout-va des objets à usage unique d’ici 2025, élargir la liste déjà proposée dans la directive (paille, coton-tige, sac plastique, etc.) et adopter des mesures contraignantes pour y inclure les mégots de cigarettes. Création d’un programme de financement pour nettoyer les mers et océans notamment dans les zones internationales totalement délaissées. Adopter des restrictions pour les entreprises afin de créer une véritable responsabilité du producteur (financer la collecte et le recyclage par exemple). Des mesures concrètes qui devraient une nouvelle fois se heurter aux ami·e·s des grands groupes, lobbies et libéraux, présent·e·s en nombre à Bruxelles. Les élections européennes prochaines seront justement l’occasion de changer le rapport de force afin d’envisager, enfin, des mesures à la hauteur de cet enjeu à l’échelle européenne.

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