Bernard Tapie sur sa carrière politique : « Si c’était à refaire, je ne le referais pas »

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Bernard Tapie, qui souffre d’un cancer et se fait rare dans les médias, a répondu aux questions des élèves de l’émission « Au Tableau », prochainement diffusée sur C8.

Ces derniers temps, Bernard Tapie, qui lutte contre un cancer de l’estomac et de l’œsophage, se montrait peu en public. Il a pourtant accepté de rencontrer les élèves de l’émission « Au Tableau », qui sera diffusée le 17 novembre à 21 heures sur C8. Et l’homme d’affaires, aujourd’hui âgé de 75 ans, y apparaît plutôt en forme. « Le cancer, c’est un combat. […] Il faut bouger. Quand quelqu’un a des cellules méchantes, il faut que les bonnes cellules aient la pêche pour les attaquer », explique Bernard Tapie aux enfants de la classe.

L’ancien président de l’OM – qui a gagné la Ligue des Champions en 1993 et parle forcément football – a un message à leur faire passer. « Il faut croire en son destin, il faut croire au lendemain, c’est indispensable. Vraiment, il faut vous mettre ça dans la tête. Dans les moments les moins faciles, il faut se dire ‘ça va passer' », affirme-t-il haut et fort, assurant ne pas « du tout avoir peur de la mort », ecrit Lafranceinsoumise.fr

« Vous raterez de temps en temps mais tentez »

Revenant sur sa carrière, Bernard Tapie regrette qu’en France avoir de l’ambition soit un peu mal vu et que « l’on parle plus des échecs que des réussites ». « Ayez confiance en vous. Et tentez. Vous raterez de temps en temps mais tentez. Il n’y a rien de pire qu’une vie où on n’a rien essayé », lance également l’ancien ministre de la Ville de François Mitterrand.

Que les [immigrés] se mettent en grève un mois et vous allez voir qu’on va les aimer davantage

La politique, il semble en être revenu. Définitivement. Regrette-t-il d’en avoir fait, lui demande un élève. Bernard Tapie hésite, puis répond : « J’ai du mal à ne pas dire oui. Si c’était à refaire, je ne le referais pas. Mais maintenant que je l’ai fait, je ne le regrette pas. » S’il se prête à quelques petits « jeux », il refuse tout de fois de prendre part à celui consistant à classer des responsables politiques – dont Nicolas Sarkozy – dans les catégories « copain » ou « pas copain ». « Non, ça je ne peux pas le faire et je ne veux pas le faire. »

En 1992, l’élu avait qualifié les électeurs du Front national de « salauds » ; en 2014 sur iTélé, il disait les trouver « stupides ». Aujourd’hui, Bernard Tapie assume le premier des deux termes : « Je le pense. On ne peut pas dire qu’un dirigeant politique est quelqu’un de pas bien et que ceux qui votent [pour lui] ne sont pas comme lui. » A ses yeux, le désormais Rassemblement national est un parti qui « dénonce », mais « n’apporte aucune solution ». Et aux immigrés en situation régulière, Bernard Tapie fait une suggestion : « Qu’ils se mettent en grève un mois et vous allez voir qu’on va les aimer davantage. Dans les hôpitaux, les écoles, les services publics, sur les chantiers, il n’y [aurait] plus rien qui marche. »

Un prochain retour sur scènе

La maladie pourrait être au cœur de son activité future. En effet, au contact du corps médical dans les hôpitaux publics, Bernard Tapie dit avoir découvert des « choses formidables », comme « le courage du personnel et leur disponibilité à vouloir soigner les gens », mais aussi un « gros défaut » : celui de « traiter les malades comme des numéros, comme des gens incapables de comprendre ».

« Ce que j’ai envie de faire maintenant c’est de passer du temps auprès des corps médicaux et des gens malades pour les aider à passer cette phase difficile », poursuit-il, annonçant également dans cette émission qu’il travaille sur une nouvelle pièce de théâtre et qu’il va donc prochainement « remonter sur scène ».

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