Ce que les Gilets jaunes préparent pour « l’acte 4 » samedi à Paris

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Malgré les annonces du gouvernement, les Gilets jaunes ainsi que des groupes d’extrême-droite et d’extrême-gauche comptent à nouveau se mobiliser samedi à Paris.

Les annonces d’Edouard Philippe mardi n’ont pas convaincu les Gilets jaunes. Une nouvelle journée de mobilisation samedi – « l’acte 4 » – est donc attendue. Signe qu’une mobilisation importante est attendue dans la capitale, plusieurs événements ont été annulés (le « Noël des animaux » de la SPA), reportés (le match de Ligue 1 PSG-Montpellier) ou délocalisés (le Téléthon). Mercredi, Emmanuel Macron a lui-même demandé à tous les partis de lancer un appel « clair et explicite au calme », selon le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Mardi, Christophe Castaner avait déjà invité « les Gilets jaunes raisonnables » à ne pas se rassembler à Paris, suivi mercredi matin par le ministre de la Transition écologique François de Rugy, qui a appelé les Français à ne plus manifester après le « geste fort du gouvernement ». « Qu’ils cessent les appels à la manifestation qui, on le sait, déraperont dans la violence comme samedi dernier », a-t-il demandé. Un appel qui ne devrait pas suffire à calmer la colère des Gilets jaunes.

Quelques heures à peine après les annonces du Premier ministre, plusieurs visages médiatiques de la mobilisation ont fait part de leur scepticisme. Eric Drouet, par exemple, a assuré sur BFM qu’il serait dans les rues de Paris « comme tous les autres samedi ». Cet administrateur de la page Facebook « La France énervée », qui rassemble plus de 40.000 personnes, ajoute qu' »il ne faut pas lâcher » malgré les concessions obtenues.

Le moratoire, « c’est de la cacahuète », a également réagi sur BFM Christophe Chalençon, figure du mouvement dans le Vaucluse. Il a réclamé « un geste très fort », avec une hausse du Smic « de suite, le pouvoir d’achat c’est pas dans trois mois que les gens le souhaitent. » « Il y a une défiance envers le pouvoir politique, majeure », a-t-il ajouté, en réclamant « des représentants au niveau du gouvernement qui sont directement à notre image. Il faut arrêter avec ces énarques que l’on change comme des pions. »

Ce décalage entre les revendications des Gilets jaunes et les réponses apportées par le gouvernement est aussi palpable sur les réseaux sociaux. Sur Facebook, une dizaine d’appels à manifester samedi à Paris rassemblent déjà des milliers d’internautes. Plusieurs lieux de rassemblement sont évoqués dans ces événements, des Champs-Elysées à la place de la Bastille en passant par la place Denfert-Rochereau.

Des groupes d’extrême-gauche et d’extrême-droite aussi mobilisés
Un des événements les plus suivis sur Facebook, intitulé « Manu, on arrive! », rassemble déjà plus de 9.000 personnes et plus de 40.000 intéressés autour de trois mots d’ordre : « Dissolution de l’Assemblée nationale », « Macron démission » et « Contre les violences policières contre le peuple ». D’autres événements, moins suivis, appellent à se réunir devant l’Elysée, l’Assemblée nationale ou encore l’AccorHotels Arena.

D’autres mouvements comptent se greffer à la mobilisation de samedi prochain. Sur Facebook, le groupe Action Antifasciste Paris-Banlieue (plus de 37.000 membres) appelle par exemple à une réunion jeudi pour « la préparation de notre participation à l’acte 4 du mouvement samedi prochain » et « empêcher toute instrumentalisation [du mouvement des Gilets jaunes] de l’extrême-droite ».

Car dans le même temps, des groupes d’extrême-droite comptent à nouveau participer à la mobilisation. Le mouvement Bastion social appelle par exemple à « [continuer] la lutte » samedi, face à un gouvernement pour qui, peut-on lire, « la seule réponse à apporter au peuple à bout de souffle est de repousser la hausse des taxes de six mois. »

Face à cette situation, un haut responsable du ministère de l’Intérieur cité par Le Parisien s’alarme mercredi : « Nous sommes très inquiets. L’enjeu de samedi, c’est le basculement ou non dans l’insurrection. » Christophe Castaner a d’ailleurs lancé une réflexion pour perfectionner l’organisation des forces de l’ordre à Paris et lutter plus efficacement contre les casseurs. Objectif : éviter d’assister à nouveau ce week-end aux violences de la semaine dernière.

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