Alexandre Benalla répond à l’Elysée

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Dans un courrier adressé vendredi soir au directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, l’ex-garde du corps Alexandre Benalla dénonce les « insinuations » dont il se dit la cible et affirme n’avoir jamais fait d’affaires privées quand il travaillait à l’Elysée.

Interrogé par le directeur du cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, sur la nature de ses activités professionnelles et sur d’éventuelles confusions d’intérêts lorsqu’il travaillait à la présidence de la République, l’ancien chargé de mission a adressé par écrit ses réponses, vendredi soir, dans un courrier dont le JDD a obtenu la copie. « Je m’inscris en faux contre de telles insinuations et ne peux que m’étonner, écrit-il, que vous ayez cru devoir reprendre immédiatement à votre compte de simples rumeurs. »

L’ancien garde du corps du chef de l’Etat, limogé durant l’été après avoir été mis en cause pour sa participation à l’interpellation musclée de manifestants le 1er mai, affirme en outre n’avoir « jamais effectué de missions personnelles et privées » durant ses fonctions à l’Elysée et n’avoir « a fortiori jamais reçu directement ni indirectement de rémunérations en résultant ».

Les passeports m’ont été restitués par la Présidence début octobre

« Je tiens à votre disposition dans le cadre de l’enquête interne qui est menée, l’ensemble de mes relevés bancaires pour la période du 15 Mai 2017 au 1er Aout 2018, précise Alexandre Benalla, ainsi que la déclaration de fins de fonctions adressée à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) au terme de mes activités professionnelles à l’Élysée. » Il affirme en outre : « Les rumeurs dont je suis la cible sont dénuées de tout fondement et il est clair que je n’ai jamais eu aucune relation d’affaires en France et à l’étranger avec des intérêts privés pendant mes fonctions à l’Élysée. »

Interrogé par téléphone vendredi soir par le JDD, Benalla confirme par ailleurs les propos tenus ce vendredi après-midi par son entourage à un journaliste de BFMTV, selon lesquels il n’aurait « pas menti à la commission d’enquête du Sénat au sujet de [ses] passeports diplomatiques ». « Quand j’ai répondu aux sénateurs, le 19 septembre, nous a-t-il déclaré, les passeports se trouvaient bien dans mon ancien bureau à l’Elysée, comme je l’ai dit. Ils m’ont été restitués par la Présidence début octobre avec mes effets personnels. »

Il reproche à l’Elysée d’avoir évoqué publiquement des suspicions à son encontre
Dans son courrier de réponse, Alexandre Benalla reproche à l’Elysée d’avoir évoqué publiquement des suspicions à son encontre qu’il estime infondés. Il juge le procédé d’autant plus indélicat qu’il dit entretenir des « relations » et des « échanges réguliers » avec « certains membres de la Présidence » – « comme vous le savez », écrit-il au directeur de cabinet -, confirmant ainsi que tous les ponts n’ont pas été coupés entre lui et l’Elysée depuis l’éclosion de l’affaire qui le met en cause.

Dans une lettre adressée le 22 décembre à l’ancien chargé de mission, le directeur du cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, lui demandait de « donner toutes informations pertinentes » au sujet « d’éventuelles missions personnelles et privées » qu’il aurait « exercées ou poursuivies comme consultant », ce qui laissait supposer qu’un tel soupçon pourrait exister. Le préfet Strzoda ajoutait, en guise d’avertissement, que l’Elysée ne pourrait « laisser sans réaction l’existence de relations d’affaires en France ou à l’étranger avec des intérêts privés, tout à fait incompatibles avec [ses] fonctions et qu’[il] n’aurait jamais révélées ». Ce nouvel épisode du feuilleton Benalla résulte de la révélation, par La Lettre du continent puis par Le Monde, d’un récent voyage d’affaires effectué au Tchad par Alexandre Benalla, trois semaines avant la visite d’Emmanuel Macron dans ce même pays africain.

J’exerce désormais une activité professionnelle dans le strict respect des obligations déontologiques qu’impliquent mes fonctions passées

« J’essaie de reconstruire mes vies personnelle et professionnelle, indique également l’ex chargé de mission dans son courrier. J’exerce donc désormais une activité professionnelle dans le strict respect des obligations déontologiques qu’impliquent mes fonctions passées au sein du Cabinet. Affirmer ou sous-entendre le contraire serait diffamatoire à mon égard. Je ne me suis en effet jamais prévalu d’une quelconque recommandation ou appui de la Présidence de la République dans le cadre de mes nouvelles activités, et le prétendre serait purement mensonger. » Il précise : « Je me présente sous mon nom et mon prénom qui ont malheureusement connu, vous le savez, une notoriété que je n’ai pas souhaitée à l’occasion de l’affaire lancée par le même quotidien du soir [Le Monde] sur le fondement d’une vidéo tronquée ».

« En toute hypothèse, conclut-il à l’adresse du directeur de cabinet Patrick Strzoda, soyez assuré que je continuerai de faire preuve à l’avenir – comme vous m’y invitez – de la plus grande vigilance afin de prévenir toute confusion dans l’esprit de mes interlocuteurs quant à la nature exacte de mes fonctions actuelles, sans aucun lien avec la Présidence de la République française. »

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