République démocratique du Congo : l’opposition l’emporte, Paris juge les résultats « non conformes »

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L’opposant congolais Félix Tshisekedi a été proclamé provisoirement vainqueur de la présidentielle du 30 décembre en République démocratique du Congo. La France conteste les résultats.

C’est un événement sans précédent en République démocratique du Congo et rarissime en Afrique centrale : un candidat de l’opposition, Félix Tshisekedi, a été proclamé mercredi vainqueur de l’élection présidentielle à un tour trois fois reportée depuis fin 2016. Au terme d’une très longue attente, la Commission électorale nationale indépendante (Céni) a déclaré Félix Tshisekedi vainqueur avec 38,57% des voix, devant l’autre tête de l’opposition divisée, Martin Fayulu, avec 34,8%. Celui-ci a aussitôt contesté le résultat et dénoncé un « putsch électoral ».

Selon les résultats officiels, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, 55 ans, est le président « provisoirement élu » qui doit succéder au chef de l’Etat sortant Joseph Kabila, 47 ans. Le résultat est contesté par la France. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a estimé jeudi sur Cnews que les résultats de l’élection présidentielle en République démocratique du Congo annoncés mercredi n’étaient « pas conformes » et que l’opposant Martin Fayulu en était « a priori » le vainqueur. « Il semble bien que les résultats proclamés […] ne soient pas conformes aux résultats » réels, a déclaré Jean-Yves Le Drian. « Mr Fayulu était a priori le leader sortant de ces élections », a-t-il ajouté.

Martin Fayulu a, de son côté, assuré dans une interview à RFI que « ces résultats n’ont rien à voir avec la vérité des urnes ». « C’est un véritable putsch électoral, c’est incompréhensible », a-t-il dit.

La Cour constitutionnelle doit publier les résultats définitifs d’ici le 15 janvier
Dans sa première prise de parole, Félix Tshisekedi a rendu hommage au président sortant Joseph Kabila : « Aujourd’hui, nous ne devons plus le considérer comme un adversaire mais plutôt comme un partenaire de l’alternance démocratique dans notre pays ». « Je suis heureux pour vous, peuple congolais. Ce processus tout le monde pensait qu’il allait déboucher sur les affrontements et les violences, à l’effusion de sang », a estimé Félix Tshisekedi.

« Personne ne pouvait imaginer un tel scénario au cours du quel un candidat d’opposition allait sortir victorieux », a-t-il ajouté. Les résultats de la Céni peuvent encore faire l’objet de recours devant la Cour constitutionnelle qui proclamera les résultats définitifs.

La RDC, plus grand pays d’Afrique sub-saharienne, vit une double situation historique. C’est la première fois qu’un opposant est proclamé vainqueur d’une élection présidentielle après les deux élections de Joseph Kabila en 2006 et 2011. C’était aussi la première fois que le président sortant acceptait de se retirer sous la pression de la Constitution et non des armes. Joseph Kabila ne pouvait pas briguer un troisième mandat.

La Cour constitutionnelle doit publier les résultats définitifs d’ici le 15 janvier, selon l’actuel calendrier électoral qui a pris trois jours de retard. La prestation de serment du nouveau président élu pour un mandat de cinq ans est prévu le 18 janvier.

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