Les Gilets jaunes citoyens disent « stop aux violences contre la presse »

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TRIBUNE – Le collectif des Gilets jaunes citoyens défend la liberté de la presse et dénonce les violences dont sont la cible les journalistes depuis plusieurs actes.

Les journalistes sont devenus une des cibles récurrentes de certains manifestants en marge de la mobilisation des Gilets jaunes. Lors de l’acte 9 par exemple, c’est une équipe de LCI qui, malgré des agents de sécurité qui l’accompagnaient, a été violemment été prise à partie par plusieurs manifestants. Des violences dénoncées par les responsables publics mais aussi par de nombreux Gilets jaunes. Parmi ces derniers, le collectif des Gilets jaunes citoyens dénonce, dans une tribune parue dans le JDD, des « actes odieux et antidémocratiques ».

La tribune des Gilets jaunes citoyens : « Stop aux violences contre la presse »
« Nous sommes des citoyens avant tout, qui œuvrons à mettre en avant les principales revendications des Gilets jaunes. Cela doit se faire dans le respect de nos institutions et de l’ordre public. Notre colère ne doit plus être destructrice. C’est pourquoi nous dénonçons avec la plus grande fermeté l’ensemble des violences, dont celles faites aux journalistes.

Ceux-ci sont de plus en plus victimes de violences lors de nos manifestations. L’acte IX l’a encore montré. Il a été marqué par des actes graves contre la presse : une équipe de LCI agressée à Rouen, une autre de l’AFP à Toulon, une journaliste frappée à Pau. Ces déchaînements de haine nous alarment et la violence de certains d’entre nous à l’égard des reporters doit être vigoureusement dénoncée. Elle porte atteinte à la démocratie et met en cause la crédibilité de nos actions.

Les journalistes doivent garder cette liberté de couvrir des événements de la manière dont ils l’entendent, quand bien même nous ne serions pas d’accord avec eux. Nous ne pouvons accepter qu’ils soient obligés de masquer le logo de la chaîne à laquelle ils appartiennent. Nous sommes les premiers à revendiquer nos droits légitimes à manifester au nom des droits de l’homme, à dénoncer les violences policières que nous subissons fréquemment. Comment rester crédibles dans nos revendications si à côté de cela nous expulsons des journalistes de la voie publique en les frappant?

Nous appelons les responsables des différents groupes de Gilets jaunes à prendre leurs responsabilités en réprouvant fermement et ouvertement ces actes odieux et antidémocratiques. Les appels à la violence véhiculés sur Facebook doivent cesser. Personne ne peut se placer en leader en usant de méthodes dignes de voyous. La liberté de la presse ne doit plus être l’otage de nos revendications, et nous n’avons pas à rendre les journalistes responsables des violences qu’ils subissent.

Il est donc urgent et impératif de faire le ménage dans nos propres rangs pour en écarter définitivement tous les éléments perturbateurs : casseurs, Gilets jaunes radicalisés, extrémistes, racistes et antisémites. »

Liste des signataires : Thierry Paul Valette (acteur social et fondateur des Gilets jaunes citoyens), Héléna Maria Rocha (membre fondatrice des Gilets jaunes citoyens), Cécile Ferro (sociologue et auteure, membre fondatrice des Gilets jaunes citoyens), Rosalie Kerdo (inspectrice du travail, membre et conseillère des Gilets jaunes citoyens), Pascal Assam (conseiller externe des Gilets jaunes citoyens), David Tasendo (employé bancaire, membre des Gilets jaunes citoyens), Hélène Sergent (bibliothécaire, membre des Gilets jaunes citoyens), Marie Piacentino (retraitée, membre des Gilets jaunes citoyens), Bernard Moncel (journaliste), Emmanuel Dupuy (président de l’IPSE, Institut Prospective et Sécurité en Europe), Jessica Cardiny (journaliste, fondatrice de Stess New), Almamy Kaloko (président de Grad-Guinée), Franck Sforza (auteur-compositeur), le collectif Gilets jaunes parisiens, le collectif Gilets jaunes blessés.

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