Rassemblement contre l’antisémitisme : moment d’unité politique à Paris

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Des milliers de personnes se sont réunies mardi soir place de la République à Paris pour dire non à l’antisémitisme. Parmi les participants : de nombreux dirigeants politiques, dont les anciens Présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande. Leur successeur Emmanuel Macron était de son côté au Mémorial de la Shoah.

François Hollande, Nicolas Sarkozy, Benjamin Griveaux, Laurent Wauquiez, Anne Hidalgo, Valérie Pécresse, Benoît Hamon… De nombreux responsables politiques ont répondu à l’appel, initialement lancé par le PS d’Olivier Faure, à se réunir contre l’antisémitisme, mardi soir place de la République à Paris. Une cinquantaine de partis, associations et mouvements avaient relayé cette initiative, parmi lesquels la France insoumise qui, au départ, n’était pas conviée. Avec eux, des milliers de citoyens se sont retrouvés sur la place parisienne, pour écouter des textes lus par des collégiens et entonné La Marseillaise. Des pancartes « Ça suffit » – le mot d’ordre du rassemblement -, « non à la banalisation de la haine », ont notamment été brandies.

Des rassemblements étaient plus généralement organisés dans toute la France. Jean-Luc Mélenchon était pour sa part à Marseille, ville dont il est le député et où 1.500 personnes se sont rassemblées. La maire de Lille Martine Aubry et le président de la région des Hauts-de-France Xavier Bertrand avaient, eux, choisi de rester dans la capitale du Nord. Quant à Marine Le Pen, qui n’était pas conviée par le PS, est allée, avec sa tête de liste aux européennes Jordan Bardella et trois députés du Rassemblement national, se recueillir à Bagneux (Hauts-de-Seine) devant une plaque en hommage à Ilan Halimi, jeune juif tué en 2006 après avoir été sequestré et torturé.

La République « est un bloc », assure Macron au Mémorial de la Shoah
Tous ces dirigeants ont exprimé leur solidarité à l’égard de la communauté juive ou rappelé la nécessité de l’union républicaine face à la recrudescence des actes antisémites (+74% en 2018), marquée la nuit dernière encore par la profanation d’un cimetière juif en Alsace. « C’est une question d’autorité, il y a des propos et des attitudes irresponsables, il y a une violence qui se répand, maintenant cela doit cesser », a averti Nicolas Sarkozy à Paris, dans un message plus ferme que les autres. Son successeur à l’Elysée François Hollande avait lui dit croire que « les Français partagent cette même indignation et cette même volonté de faire face ».

Emmanuel Macron au Mémorial de la Shoah avec Gérard Larcher et Richard Ferrand.
Emmanuel Macron au Mémorial de la Shoah avec Gérard Larcher et Richard Ferrand.

(Reuters)
Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, n’était pas présent place de la République. Après s’être rendu dans le cimetière profané dans le Bas-Rhin l’après-midi, il a préféré visiter le Mémorial de la Shoah quasiment au même moment, en compagnie des présidents des deux chambres du Parlement, Richard Ferrand (LREM) et Gérard Larcher (LR), pour se recueillir et déposer une gerbe. « La République est un bloc », a-t-il notamment lancé. A l’issue de la visite, Gérard Larcher a voulu lancer un message à l’adresse de « nos compatriotes juifs » : « La France est leur pays et la France a besoin d’eux, comme nous avons besoin d’autres composantes dans notre pays. »

Des Gilets jaunes présents
« Il fallait aujourd’hui dire ça suffit, dire que tout n’est pas possible, et quand on voit ces actes qui se multiplient, il est temps de réagir ensemble et de la meilleure des manières », a déclaré place de la République le premier secrétaire du PS, Olivier Faure. Le président de LR, Laurent Wauquiez, a pour sa part lancé : « Ça suffit les croix gammées, les insultes », dans une allusion à la profanation du cimetière juif en Alsace et aux insultes proférées à l’encontre du philosophe Alain Finkielkraut samedi, en marge d’une manifestation de « gilets jaunes ».

Le patron des députés macronistes, Gilles Le Gendre, et d’autres élus LREM ont fait eux aussi le déplacement, alors que la séance à l’Assemblée avait été suspendue pour permettre ce rassemblement. Ian Brossat, le chef de file du PCF pour les Européennes, est venu avec Lassana Bathily, le héros de l’Hyper Cacher parisien. Le secrétaire national du PCF, Fabien Roussel, était là également. Des Gilets jaunes se sont rendus à la manifestation, notamment Côme Dunis et Frédéric Mestdjian, de la liste « Ralliement d’initiative citoyenne ».

A noter que plusieurs centaines de personnes se sont également réunies mardi soir pour le rassemblement « contre les actes antisémites et contre leur instrumentalisation », au métro Ménilmontant à Paris, organisé en parallèle du grand rassemblement. Une grande banderole y indiquait « gilet jaune contre l’antisémitisme ».

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