La crise des Gilets jaunes est-elle terminée?

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Les Gilets jaunes sont beaucoup moins présents dans l’espace médiatique. La crise sociale commencée il y a 4 mois est-elle finie?

Le 17 novembre, jour de la première mobilisation des Gilets jaunes, qui aurait pu parier que des Français allaient manifester chaque samedi pendant 17 semaines consécutives? L’une de leurs grandes forces est d’avoir réussi à s’ancrer dans la durée, en devenant l’un des mouvements sociaux les plus longs de l’histoire de la 5e République. Pour autant, les Gilets jaunes sont aussi confrontés à une baisse de leur mobilisation et du soutien de l’opinion. Alors, la crise des Gilets jaunes est-elle terminée? Le gouvernement a-t-il réussi à se sortir de la nasse?

Oui, parce que ça intéresse de moins en moins les médias
Après avoir fait les gros titres et les ouvertures des journaux télévisés pendant de nombreuses semaines, les Gilets jaunes commencent à sortir du radar médiatique. A titre d’exemple, les Gilets jaunes n’ont plus fait la une du JDD depuis le 9 décembre. La dernière une du Parisien Dimanche remonte, elle, au 13 janvier. Samedi soir, Thomas Sotto a commencé le journal télévisé de 20h de France 2 en parlant des Gilets jaunes mais pour évoquer ceux qui avaient décidé de « raccrocher leur gilet ».

Sur TF1, le sujet n’a été abordé qu’à la 4e minute après un reportage sur les événements au Venezuela. Autre exemple, le 23 février, le sujet des Gilets jaunes n’a été traité qu’à la 12e minute du JT de TF1 et à la 19e minute de celui de France 2. BFM, pour sa part, continue à multiplier les directs les samedis mais ses audiences ont repris leur étiage habituel ce jour-là.

Oui, parce que la mobilisation baisse de semaine en semaine
Un plus bas depuis le 29 décembre. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, les Gilets jaunes n’ont été que 28.600 personnes à manifester en France samedi 9 mars, soit une baisse de 10.000 personnes en une semaine. Le groupe Facebook Le Nombre jaune estime lui la mobilisation à 90.000 personnes. Soit 6.000 de moins que la semaine dernière. Autrement dit, entre 30.000 et 90.000 personnes ont de nouveau manifesté samedi dernier. Et ce pour la 17e semaine consécutive. Le mouvement n’est plus massif mais il se maintient tout de même à un niveau important. Ce qui est un exploit non négligeable.

Non, parce qu’ils n’ont toujours pas obtenu ce qu’ils voulaient
La mobilisation baisse mais pas la détermination. De nombreux Gilets jaunes continuent à se rassembler chaque semaine pour tenter de faire plier le gouvernement sur leurs trois revendications principales (référendum d’initiative citoyenne, fin des « privilèges » des élus, baisse des taxes sur les produits de première nécessité). Emmanuel Macron a toutefois réussi à noyer les requêtes des Gilets jaunes dans celles plus larges exprimées par d’autres Français à l’occasion du grand débat. Mais les Gilets jaunes comptent justement sur la fin de cette concertation pour relancer leur mouvement et enfin obtenir satisfaction. Emmanuel Macron n’a pour le moment pas montré de signes allant dans ce sens.

Non, parce que les Gilets jaunes misent beaucoup sur l’acte 18
Acte 18, acte de la dernière chance? Les Gilets jaunes veulent frapper un grand coup samedi 16 mars, 4 mois après le début de leur mouvement. De nombreux Gilets jaunes devraient venir à Paris des quatre coins de France. Ce rendez-vous parisien va leur permettre de se compter alors que l’essoufflement guette. Les figures les plus en vue du mouvement comme Maxime Nicolle et Eric Drouet multiplient les vidéos depuis plusieurs jours pour inciter les gens à se rendre dans la capitale. « Le 16 mars faites-le pour vous et pour vos enfants, Venez montrer à Macron qu’on est là!! », a lancé Eric Drouet dans une vidéo lundi. Après le 16 mars, les Gilets jaunes risquent en tout cas de trouver à la croisée des chemins. Les manifestations hebdomadaires semblent inefficaces. La tentative de grève générale a échoué. Il n’est pas exclu qu’une partie du mouvement bascule définitivement dans la violence : « Cela fait 17 semaines que je prône le pacifisme, que je dis à tout le monde que je ne suis pas pour la violence. […] Le 16, il va se passer ce qu’il va se passer. J’en ai plus rien à foutre », a par exemple lancé Maxime Nicolle lundi.

Oui et non : les Français veulent que le mouvement s’arrête mais ils soutiennent plutôt les revendications
Le croisement de courbes a eu lieu début février. Depuis ce moment-là, les Français sont devenus majoritairement favorables à un arrêt des actions des Gilets jaunes. Néanmoins, ils gardent toujours une sympathie pour le mouvement et ses revendications. Selon un sondage de l’Ifop pour Atlantico publié le 11 mars, 54% des Français soutiennent ou ont de la sympathie pour le mouvement des Gilets jaunes. 30% sont opposés ou hostiles et 16% sont indifférents. A court terme, le gouvernement semble donc avoir remporté la bataille de l’opinion. Mais à long terme, ce mouvement laissera forcément des traces. Emmanuel Macron aura du mal à ignorer jusqu’à la fin du quinquennat la soif de justice sociale qui s’est exprimée depuis le 17 novembre.

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