Algérie : Abdelaziz Bouteflika officialise sa démission et quitte le pouvoir

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Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a notifié officiellement, mardi soir, sa décision de mettre fin à son mandat et ainsi de quitter le pouvoir.

Sa démission, annoncée lundi, était attendue avant le 28 avril. Après un ultime coup de pression de l’armée, Abdelaziz Bouteflika a finalement notifié au président du Conseil constitutionnel algérien mardi soir, peu avant 21 heures, sa décision de mettre fin à son mandat en qualité de président de la République, a indiqué l’agence de presse officielle APS. Désormais, selon la constitution algérienne, c’est le président du Conseil de la Nation – le Sénat algérien -, Abdelkader Bensalah, 77 ans, qui doit assurer l’intérim durant une période maximale de 90 jours au cours de laquelle une élection présidentielle doit être organisée.

La décision d’Abdelaziz Bouteflika est intervenue quelques minutes après un nouveau coup de pression de l’armée, dirigée par le général Ahmed Gaïd Salah. Ce dernier est revenu, mardi soir, sur le premier communiqué du président algérien qui indiquait, lundi soir, sa démission à venir d’ici au 28 avril. L’armée algérienne a considéré que ce premier communiqué n’émanait pas du chef de l’Etat mais « d’entités non constitutionnelles et non habilitées », non nommément citées.

Que va faire le général Ahmed Gaïd Salah?
Le départ du chef d’Etat n’est toutefois pas la fin du processus pour la rue. Invité dimanche de TSA direct, l’émission de débat dominical du site d’informations indépendant TSA (pour Tout sur l’Algérie), Karim Tabbou, coordinateur de l’Union démocratique et sociale (UDS), rappelait ainsi que les manifestants réclamaient « le départ de tout le système ».

« Le peuple ne préfère pas un clan à un autre. Il veut un état de droit », a encore insisté cet opposant, considérant que « Gaïd Salah croit encore à la possibilité de gérer la transition par les institutions actuelles ». Or, le général en chef de l’armée, actuel vice-ministre de la Défense, semble vouloir rester à son poste.

Avec la démission d’Abdelaziz Bouteflika, les regards se tournent donc vers Ahmed Gaïd Salah. Mardi, plusieurs centaines de manifestants, craignant un coup d’Etat militaire, se sont mobilisés pour demander aux soldats algériens de « rester dans leurs casernes ».

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