Vote blanc, RIC, ISF : ces revendications des Gilets jaunes qui ont été rejetées par Emmanuel Macron

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Emmanuel Macron a répondu jeudi soir à certaines revendications des Gilets jaunes. S’il a fait quelques gestes, il a rejeté plusieurs mesures emblématiques comme le vote blanc, le RIC ou le retour de l’ISF.

Emmanuel Macron voulait se servir de la conférence de presse tenue jeudi soir pour clore l’épisode des Gilets jaunes en présentant ses propositions post-grand débat. « Le mouvement des Gilets jaunes a dit sa colère, son inquiétude, son impatience », a commencé le chef de l’Etat donnant l’impression qu’il allait directement leur répondre. Après avoir accordé en décembre une prime de 100 euros par mois pour les personnes rémunérées au Smic, il a annoncé plusieurs mesures revendiquées par ceux qui manifestent tous les samedis depuis six mois comme la réindexation sur l’inflation des retraites de moins de 2.000 euros ou une baisse d’environ 5 milliards d’euros de l’impôt sur le revenu. Sur un certain nombre d’autres sujets, il s’est toutefois montré beaucoup plus ferme.

L’idée du vote blanc, écartée
Tout de suite après son introduction, Emmanuel Macron a évoqué la pratique démocratique. Il a d’abord rejeté l’idée d’un vote obligatoire, puis celle du vote blanc, pourtant largement demandée par les Gilets jaunes. « En démocratie, il faut choisir, le moindre mal ou le mieux possible […] Blanc, c’est l’agrégation des rejets, des refus, c’est trop facile », a lancé le président de la République.

Pas de RIC au niveau national, seulement au niveau local
Sur le Référendum d’initiative citoyenne (RIC), revendication phare des Gilets jaunes, Emmanuel Macron n’a également pas cédé. « Je ne crois pas à la République du référendum permanent », a-t-il notamment déclaré. Une telle mesure remettrait selon lui en cause la démocratie représentative qu’il défend. En revanche, il a déclaré vouloir « donner plus de place à la voie référendaire dans notre démocratie » et a proposé d' »aller plus loin sur le référendum d’initiative partagée ». Alors que ce dernier nécessite actuellement le soutien de 20% des parlementaires et de 10% du corps électoral, soit près de 4,5 millions de signatures, Emmanuel Macron a proposé d’abaisser ce second seuil à 1 million.

Le chef de l’Etat a proposé également de « renforcer le droit de pétition au niveau local », via « une forme de droit d’interpellation des élus au-delà d’un certain seuil, qui sera à définir ».

La réforme de l’ISF sera évaluée mais pas supprimée
Enfin, Emmanuel Macron a défendu la suppression partielle de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF), mesure prise au début de son quinquennat et très critiquée par les Gilets jaunes. « C’est une réforme pour produire, pas un cadeau pour les plus fortunés. […] Elle permet d’encourager l’investissement en direction de l’économie réelle, de la recherche, des usines, de la production », a déclaré le chef de l’Etat. Il a toutefois consenti à une évaluation sur son efficacité, avant de promettre : « Si elle n’est pas efficace nous la corrigerons. »

Après l’intervention d’Emmanuel Macron, plusieurs figures des Gilets jaunes, ont fait part de leur mécontentement. « Il n’a pas écouté ce qu’on a dit dans la rue depuis cinq mois », a déclaré à l’AFP Maxime Nicolle. « Il a commencé son allocution par dire que ce qu’il avait fait depuis deux ans, c’était très bien et qu’on l’avait pas compris. Nous, on a très bien compris, il est incapable d’un mea culpa. »

« Ça sonne creux. Au fond, il garde le cap », a de son côté réagi Jérôme Rodrigues, autre figure du mouvement. « C’est un bon tchatcheur, il vendrait du sable à un berbère dans le désert, mais ça ne prend pas. » Sur Twitter, Priscillia Ludosky, l’une des initiatrices de la mobilisation, a réagi en listant les dates des prochaines manifestations hebdomadaires jusqu’au 25 mai.

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