Ex-directrice de l’ENA, la candidate En marche Nathalie Loiseau est « soulagée » de la suppression de l’école

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Nathalie Loiseau, tête de liste de La République en marche aux élections européennes, s’est dite dimanche « soulagée » de la suppression annoncée par Emmanuel Macron de l’ENA, école qu’elle a autrefois dirigée.

Au printemps 2017, avant l’élection présidentielle, Nathalie Loiseau était encore à la tête de l’ENA. Elle avait alors ardemment défendu, dans un entretien à la revue Le Débat, la pérennité de la haute école administrative. Deux ans plus tard, elle s’est dite « soulagée », dimanche sur Radio J, que l’ENA soit bientôt supprimée, comme l’a annoncé Emmanuel Macron lors de sa conférence de presse. « Je suis soulagée qu’on donne un coup de pied dans la fourmilière », a expliqué celle qui est aujourd’hui tête de liste de La République en marche (LREM) aux élections européennes.

« Je sais ce que j’ai pu faire pendant cinq ans à essayer de réformer cette école. Il y a des choses que j’ai réussies, dont je suis fière, mais je sais aussi les limites auxquelles je me suis heurtée », a-t-elle développé, en pointant notamment « le manque de diversité » des élèves.

L’ancienne directrice de l’ENA dénonce l' »entre-soi social »
Jeudi, lors de sa conférence de presse, Emmanuel Macron a confirmé son intention de supprimer l’Ecole nationale d’administration – dont il est diplômé, à la différence de Nathalie Loiseau – et expliqué vouloir mettre fin aux « grand corps » de la fonction publique.

La tête de la liste LREM a justifié cette suppression par le problème de l' »entre-soi social », appelant à ce « qu’il n’y ait pas de discrimination sur l’origine, qu’elle soit sociale, qu’elle soit géographique, qu’elle soit culturelle ».

« Qu’on ait des gens de talent de partout : c’est ça la promesse républicaine », a-t-elle fait valoir, en visant « toute la chaîne de l’éducation depuis le primaire, le secondaire, le supérieur, qui doit se mettre en ordre de marche pour lutter contre les discriminations ».

« La sélectivité, c’est pas un gros mot. L’élite, c’est pas un gros mot, a-t-elle encore expliqué. Mais sans autre distinction que celle de leur vertu et de leur talent. »

Loiseau à la manoeuvre depuis deux ans pour supprimer l’ENA?
Le 18 avril dernier, L’Opinion révélait que Nathalie Loiseau aurait elle-même été à la manoeuvre derrière l’idée de supprimer l’ENA. Dès son arrivée au gouvernement, où elle a été nommée ministre des Affaires européennes, elle aurait plaidé pour une réforme de l’école, selon le quotidien, critiquant « les conservatismes » de l’institution.

Elle n’est pas la seule à avoir poussé cette proposition : le ministre de l’Economie Bruno Le Maire prônait ouvertement la suppression de l’ENA quand il était candidat à la primaire de la droite, en 2016.

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