Gilets jaunes : contrôle judiciaire levé pour le journaliste Gaspard Glanz, qui pourra couvrir le 1er-Mai

4491

Arrêté lors de l’acte 23 des Gilets jaunes, le journaliste indépendant Gaspard Glanz a vu son contrôle judiciaire être annulé lundi par le tribunal de Paris. Le reporter pourra donc couvrir les prochaines manifestations du 1er-Mai et des Gilets jaunes.

Son placement sous contrôle judiciaire était en fait irrégulier. Le tribunal de Paris a annoncé lundi la levée de ce contrôle qui visait le journaliste indépendant Gaspard Glanz, interpellé le 20 avril lors de l’acte 23 des Gilets jaunes, après avoir fait un doigt d’honneur aux forces de l’ordre. Le reporter de 32 ans, empêché de se rendre dans la capitale les samedis et le 1er mai, va donc pouvoir couvrir les prochains rassemblements sans risquer d’être interpellé, comme le promettait le gouvernement. L’intéressé a confirmé sa présence dans la foulée de cette audience.

A l’issue de sa garde à vue, la semaine dernière, Gaspard Glanz avait été placé sous ce contrôle judiciaire par un juge des libertés et de la détention (JLD) et doit encore être jugé le 18 octobre. Le journaliste avait toutefois rapidement annoncé qu’il allait « contester » cette interdiction de paraître qui « porte atteinte à la liberté de la presse et à celle de travailler », selon l’un de ses avocats Raphaël Kampf. A la tête de l’agence Taranis News, le journaliste s’est en effet spécialisé dans la couverture de mouvements sociaux et notamment de celui des Gilets jaunes.

S’il faut l’empêcher de commettre un nouvel outrage, pourquoi seulement à Paris et le samedi?

Le tribunal a finalement constaté lundi l’absence de motivations à cette décision, comme le réclamaient les conseils du journaliste. « C’est une excellente nouvelle. Le tribunal a dit et a rappelé que le JLD devait motiver un placement sous contrôle judiciaire. Depuis une semaine, nous ne savions pas les raisons qui avaient conduit le juge des libertés et de la détention à placer Gaspard Glanz sous contrôle judiciaire, a ainsi réagi Me Kempf. « Le tribunal correctionnel vient rappeler un principe du droit qui est que tout citoyen qui fait l’objet d’une mesure de justice doit pouvoir en comprendre les raisons », a-t-il ajouté.

Au cours de l’audience, Me Ainoha Pascual, autre avocat du journaliste, a également fait valoir que le contrôle judiciaire prononcé symbolisait « la mise à mort économique » de son client. « Ce n’est pas à un juge de décider pour un journaliste quel sujet il peut couvrir », a-t-elle ajouté.

Le procureur, lui, a tenté de justifier cette mise sous contrôle judiciaire. Bien que reconnaissant que l’ordonnance contestée ne présentait « pas toute la motivation que l’on serait en droit d’attendre », il a notamment affirmé que le contrôle judiciaire se justifiait par le besoin d’éviter la réitération de l’infraction. « S’il faut l’empêcher de commettre un nouvel outrage, pourquoi seulement à Paris et le samedi? », a ironisé en réponse Raphaël Kempf. « Allons au bout de la logique: il faut l’empêcher d’approcher de tout uniforme bleu, sur tout le territoire », a-t-il encore plaisanté.

SHARE

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here