Manifestations du 1er-Mai : voici à quoi il faut s’attendre mercredi

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Syndicats, Gilets jaunes et Black blocs sont attendus mercredi à Paris. Les forces de l’ordre vont déployer un dispositif exceptionnel.

A la veille du 1er-Mai, les autorités sont sur le qui-vive. « On sait bien que les ultras violents, ultra gauche mais aussi des ‘ultras jaunes’ viendront pour casser sur Paris et pas seulement sur Paris », prévenait vendredi dernier Christophe Castaner. Mardi, Emmanuel Macron a demandé en Conseil des ministres une réponse « extrêmement ferme » à l’encontre des Black blocs, qui pourraient se mêler aux Gilets jaunes, syndicats et partis politiques. Dans la capitale, la manifestation prendra forme gare Montparnasse en début d’après-midi avant que le cortège ne s’oriente vers la place d’Italie.

Voici à quoi il faut s’attendre mercredi.

Un dispositif policier exceptionnel
Plus de 7.400 membres des forces de l’ordre seront déployés à Paris. « Nous ne tolérerons aucune exaction. Le dispositif qui sera mobilisé sera un dispositif d’ampleur exceptionnelle, mobile, réactif, qui nous permettra d’aller percuter les groupes qui commettront des exactions, de procéder au maximum d’interpellations », a indiqué Laurent Nuñez lors des questions au gouvernement.

Au total, 190 motos circuleront aux alentours des manifestations. Ces motos ne sont pas « des voltigeurs » a insisté Christophe Castaner : « c’est un moyen de transport » qui doit permettre aux forces de l’ordre de se déplacer « rapidement », « en aucun cas, elles ne seront utilisées dans la gestion de la manifestation ».
Des drones serviront également à sécuriser le défilé, a-t-il précisé.
Des « contrôles préalables » et des « interpellations » ont eu lieu dès mardi matin, a par ailleurs indiqué Christophe Castaner sans vouloir en préciser le nombre.
Par ailleurs, la préfecture de police a demandé aux commerçants situés sur le parcours de la manifestation déclarée de fermer leurs portes. Le trajet frôle au moins deux lieux symboliques : la Rotonde, restaurant où le candidat d’En Marche avait célébré sa qualification au second tour de l’élection présidentielle en 2017. Et la place de la Contrescarpe, où son ex-conseiller Alexandre Benalla avait brutalement interpellé un couple l’an dernier.

La présence de « 1.000 à 2.000 » Black blocs à Paris
Comme l’an dernier, le risque de voir des Black blocs perturber la mobilisation est particulièrement élevé. Christophe Castaner a évoqué mardi la présence de « 1.000 à 2.000 activistes radicaux », après de nombreux appels à transformer Paris en « capitale de l’émeute ». Selon le ministre de l’Intérieur, ce nombre comprend des activistes français mais aussi des « individus venant de l’étranger ». En comparaison, le défilé du 1er Mai 2018 avait vu environ 14.500 personnes, selon les autorités, manifester dans Paris, dont 1.200 Black blocs.

Il n’y a pas que la manifestation parisienne qui inquiète les autorités. « A Rennes, Montpellier, Toulouse ou à Nancy, des éléments radicaux susceptibles de se livrer à des actions violentes ne manqueront pas de tenter de s’infiltrer dans des cortèges syndicaux, nous suivrons ces manifestations avec la plus grande vigilance », a mis en garde le ministre de l’Intérieur.

Un nouvel « acte » pour les Gilets jaunes
Les Gilets jaunes, qui n’ont pas beaucoup mobilisé samedi dernier, seront vraisemblablement plus nombreux cette fois-ci. « Beaucoup de gens n’ont pas participé ce week-end parce que financièrement c’était plus simple pour eux le 1er-Mai », soulignait samedi Maxime Nicolle. Il y a eu une « baisse d’intérêt pour l’acte 24 au profit du 1er Mai », confirme une source policière à l’AFP.

Le risque pointé depuis plusieurs semaines par les autorités, est de voir certains Gilets jaunes faire front commun avec des Black blocs, ce qui s’est déjà produit certains samedis. Fin mars, la page Facebook « Black Bloc France » a appelé à organiser un « 1er-Mai jaune et noir », une convergence que défendent certains Gilets jaunes.

Les Black blocs « devraient être rejoints par plusieurs milliers de ce qu’il convient désormais d’appeler des ultra jaunes, ces Gilets jaunes qui se sont peu à peu radicalisés », a déclaré Christophe Castaner. Mi-mars, lors de l’acte 18 du mouvement durant lequel les Champs-Elysées et le Fouquet’s avaient été saccagés, les Gilets jaunes avaient accueilli des Black blocs sous les applaudissements près de la place de l’Etoile.

Des manifestations syndicales et politiques
Dans le même temps, les syndicats vont tenter de se faire entendre, alors que le mouvement des Gilets jaunes les a relégués au second plan depuis plus de cinq mois. La CGT, FO, la FSU, Solidaires, l’Unef et l’UNL ont appelé à un défilé afin d' »amplifier les batailles pour que les urgences sociales et climatiques soient enfin prises en compte par le gouvernement et le patronat ».

Dans un communiqué, ils préconisent « une forte journée de mobilisation » « pour l’amélioration des droits des travailleurs-se-s, pour le progrès social, la paix et la solidarité internationale ». Si les principaux leaders syndicaux seront dans la capitale, le secrétaire général de FO, Yves Veyrier, ne se joindra pas au défilé parisien et manifestera à Marseille, selon son entourage.

Du côté des politiques, certains leaders éviteront aussi Paris. Les Insoumis Jean-Luc Mélenchon et Manon Aubry défileront à Marseille, Marine Le Pen sera à Metz avec Jordan Bardella, François-Xavier Bellamy (LR) tiendra un meeting à Pontoise (Val-d’Oise) et les socialistes Olivier Faure et Raphaël Glucksmann seront à Châtellerault (Vienne).

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