Affaire du bus 60 et de la jupe trop courte : le conducteur concède une « faute de service »

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Accusé d’avoir refusé l’entrée dans son bus d’une femme portant une jupe trop courte, le conducteur dit ne pas reconnaître « les faits tels qu’ils ont été présentés dans la presse ». Il concède toutefois « une faute de service ».

Que s’est-il passé mardi soir vers 23h sur la ligne 60 de bus de la RATP à l’arrêt Botzaris dans le 19e arrondissement de Paris? L’écrivain algérien Kamel Bencheikh affirme qu’un chauffeur parisien a refusé l’entrée de son bus à sa fille de 29 ans en raison d’une jupe jugée trop courte. La RATP a indiqué avoir lancé une enquête interne dès qu’elle a eu connaissance du signalement, permettant l’identification du conducteur. A ce stade de l’enquête interne « et sachant qu’à ce jour aucune plainte judiciaire n’a été déposée, le machiniste, entendu par sa hiérarchie [samedi soir] ne reconnaît pas les faits tels qu’ils ont été présentés dans la presse », affirme la Régie.

Il reconnaît toutefois « une faute de service », « notamment avec le non-respect des règles d’exploitation en ayant refusé d’ouvrir les portes à deux jeunes filles, à une heure tardive, à la station Botzaris », explique la RATP. « Dans ce contexte, la RATP a décidé d’ouvrir une procédure disciplinaire, à partir des premiers éléments recueillis, qui pourra aller jusqu’à la révocation », affirme-t-elle, « les faits tels qu’ils sont rapportés » étant « totalement contraires à toutes les valeurs que porte la RATP ».

Le conducteur n’est plus autorisé à conduire un bus jusqu’à la fin de l’enquête
Le conducteur en question, qui travaille depuis quatre ans dans l’entreprise, « n’a aucun antécédent dans son dossier » et « n’a jamais eu à faire l’objet d’observation ou de sanction quant à son comportement », a-t-elle également fait savoir. Selon nos informations, le conducteur n’est plus autorisé à conduire un bus jusqu’à la fin de l’enquête

La Régie, qui a décidé de prolonger son enquête interne, précise également qu’en dépit d’un appel à témoins lancé sur Twitter, aucun retour ne lui a été fait. La RATP a contacté, par deux fois sur Facebook, l’auteur du signalement, le père de la jeune femme, en vain. Or, « pour la poursuite de la procédure, il est essentiel qu'(il) nous livre directement son témoignage en dressant un signalement complet auprès de nos services ».

Enfin, elle précise que les vidéos à bord du bus utilisé le soir de l’incident ne peuvent plus être exploitées car hors délai. Dans un communiqué commun samedi, la ministre des Transports Elisabeth Borne et la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes Marlène Schiappa ont déclaré suivre « avec la plus grande attention le déroulement de cette enquête ».

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