Trottinettes repêchées : « Voir le Rhône ainsi dégradé, c’est violent »

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Scandalisée, comme beaucoup de Lyonnais par la dégradation de l’environnement que causent les engins abandonnés au fond de l’eau, l’association Odysseus 3.1 a décidé d’agir.

Triste record pour les plongeurs d’Odysseus 3.1 qui ont terminé épuisés, dimanche dernier, à Lyon. « Nous avons déjà participé à des opérations de nettoyage. On ramassait 20 à 30 trottinettes. Là, on est à plus de 100 et on n’a pas pu tout explorer », a livré à chaud Lionel Rard, son président.

« LES SOCIÉTÉS DOIVENT REVOIR LEUR CONCEPT »

La protection de la nature faisant partie des missions de l’association, c’est à ce titre que sept de ses plongeurs bouteille et deux apnéistes, aidés d’une équipe terre, se sont jetés à l’eau, pour récupérer, au-delà des engins, leurs batteries au lithium. Parmi eux, l’océanographe et biologiste Vincent Maran, qui appartient à la Commission nationale de la Fédération française d’études et de sports sous-marins (FFESSM). Il a jugé « scandaleux ces actes d’incivisme qui amènent une telle concentration de déchets dans ce fleuve, mais aussi une pollution au lithium dont on connaît les dangers ».

La jeune association qui a l’habitude de travailler avec l’Inra ou encore l’Université de Genève, plongeant sous la glace pour ramener des échantillons d’eau et de sédiments, ne s’est pas posée de question. « Lorsque ce scandale a été dénoncé sur les réseaux sociaux, on s’est rapproché de Voies navigables de France qui, immédiatement, nous a autorisés à intervenir », livre Lionel Rard. Qui ne perd pas espoir : « Même s’il y a trop de gens à côté de la plaque, d’autres font leur part. Tout à l’heure, dans l’eau, avec Vincent, lorsqu’on n’en pouvait plus, on voyait des personnes qui nous encourageaient, qui aidaient à tirer les cordes, et donc on remettait le masque et on y retournait. »

Finalement, la pêche s’est avérée non pas miraculeuse, mais désastreuse. « Il faudra discuter entre Voies navigables de France (VNF), la mairie et les sociétés qui exploitent les marchés des trottinettes. Ces dernières doivent revoir leur concept », considère encore Lionel Rard, convaincu que « ce ne sont pas les utilisateurs qui les balancent à l’eau ».

« J’ai vraiment quelque chose contre les trottinettes électriques qui de, toute façon, ne présentent pas d’intérêt du point de vue de l’environnement. Et voir le Rhône qu’on aime, ainsi dégradé, c’est violent », expliquait Carine, chercheuse en sciences de l’Éducation, venue prêter main-forte.

Dominique MENVIELLE

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