Privilèges : Macron déconfine les chasseurs

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Les atteintes aux libertés (chaque jour une nouvelle) ne lui suffisent pas, Macron restaure les privilèges. Les chasseurs peuvent désormais déroger au confinement et faire des cartons sur le grand gibier, les sangliers et chevreuils mais aussi selon les endroits sur les petits « nuisibles », lièvres, pigeons, renards, etc. Il y va de l’intérêt général selon la secrétaire d’Etat à la biodiversité, Bérangère Abba, qui a communiqué dès le 1er novembre sa décision aux préfets requis de définir « dans les plus brefs délais » les « objectifs de prélèvements » aux fins d’éviter « un accroissement des dégâts faits aux cultures ».

Une fable à laquelle même la peu contestataire FNSEA ne peut vraiment souscrire. Une de ses responsables en 2018 faisait clairement part de son agacement de voir les espaces agricoles transformés en « cour de récréation des chasseurs ». Elle notait qu’il y avait « de l’élevage et du lâcher de sangliers, de l’égrainage – dépôt de grains – pour les maintenir à certains endroits » si bien que leur population de quelques milliers dans les années 60 était passée à plus d’un million d’individus et occasionnaient plus de 30 millions d’euros de dégâts par an.

Cette prolifération dont souffrent les cultures, la FNC (Fédération nationale de la chasse) qui en est donc grandement voire totalement responsable l’utilise pour justifier son activité « régulatrice » et se poser en championne de la préservation de la biodiversité. De même, s’autorise-t-elle du fait de courir les campagnes pour s’afficher en garante de la ruralité alors que les chiffres diffusés sur son propre site indiquent que parmi le million de chasseurs déclarés, seulement 8% sont agriculteurs contre 39% de cadres et professions libérales…

Mais le poids électoral et politique de ces 1,5% de la population n’est pas négligeable. Sarkozy y avait peut-être pensé, Macron l’a fait. Il a diminué le prix du permis de chasse national par deux, de 400 à 205 euros, pour se concilier Willy Schraen, le président de la FNC. L’homme n’est pas un ingrat : il a incité ses troupes à ne pas rejoindre les Gilets jaunes – « Si j’avais pas stoppé tout de suite, ils étaient 500 000 sur les ronds-points et y aurait eu des gars armés » – et à voter pour les candidats LREM aux Européennes. Cette complicité présidentielle l’autorise sans doute à défier les dispositions de dérogation au confinement. Si « la chasse de loisir » a été exclue de la récente « régulation » négociée avec le gouvernement, il a néanmoins invité, contre toute légalité, les chasseurs à s’octroyer « une heure de détente cynégétique à moins d’un kilomètre de chez eux ». Oserait-on contrarier un ami aussi précieux ?

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