De quelle « chose commune » voulons nous ?

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On peut s’interroger sur la logique qui consiste à utiliser la force légitime de l’Etat en première intention face à un mouvement de grève générale.

On aurait pu imaginer que la responsabilité du pouvoir serait plutôt de trouver une voie de dialogue. D’autant qu’on ne peut pas dire que la crise est soudaine. Depuis plusieurs semaines d’importantes manifestations contre l’obligation vaccinale des soignants avaient lieu sur l’île. Ce mot d’ordre avait été rejoint par d’autres, exprimant un mal-être général.

On pourra s’indigner qu’un ministre de l’Intérieur ose dire à la radio que les barricades ont pour objectif d’« empêcher par exemple les dialysés d’aller à l’hôpital », prêtant ainsi une intention malveillante à un peuple épuisé par ses conditions de vie. Comme l’iceberg, le plus massif dans la contestation sociale – et ce que le gouvernement de Macron est incapable de considérer – ce n’est pas ce qui se voit et qui n’est qu’un moyen d’action mais bien les causes profondes du mal-être général qui l’ont déclenché.

C’est aussi de République dont il est question. Comme un mantra elle est brandie à tour de bras, comme si prononcer son nom dispensait de convaincre du bien-fondé de ses paroles et de ses actes. Mais de quelle République s’agit-il ?

La République c’est étymologiquement « la chose commune », et dans l’Antiquité elle désigne la communauté politique, dont les membres décident des règles du jeu de la vie collective. Au fil des siècles le mot prendra différentes significations et surtout différentes conceptions de la République se feront jour.

A écouter Darmanin, la République c’est avant tout la sécurité, le maintien de l’ordre. « Ceux qui tirent à balles réelles […] sur les gendarmes sont en dehors du champ républicain » a-t-il dit. Certainement ceux qui en arrivent à de tels actes de violence – qui ne peuvent être cautionnés – se sentent-ils mis à l’écart de la République.

Car si la République est bien chose commune, elle devrait d’abord se préoccuper de solidarité sociale, celle-là même qui fait tant défaut quand la population doit subir des coupures d’eau potable à répétition en Guadeloupe. La République doit avant tout honorer sa devise liberté, égalité, fraternité et à ce titre un gouvernement ne devrait pas accepter un taux de chômage chez les jeunes Guadeloupéens qui ne peut conduire qu’au désespoir.

Enfin, la République est un régime politique dont l’objectif originel est de permettre au peuple de décider pour lui-même et par lui-même. C’est bien cette idée fondatrice que l’Avenir en commun veut retrouver par la mise en place d’une constituante pour la 6ème République.

Pour en finir avec l’utilisation autoritaire du régime actuel de la 5ème République par les macronistes qui les conduit à ne considérer comme républicain que ce qui est du côté de la matraque.

Claire Mazin

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